Société Française d'Economie Rurale
Economie rurale n°303-305 (Janvier-Juin 2008)
| SOMMAIRE | ||
| Editorial : | ||
| Editorial | ||
| Bernard ROUX - Président du Comité de rédaction | ||
| Introduction : | ||
| Les institutions du développement agricole durable des pays du Sud | ||
| Michel BENOIT-CATTIN • CIRAD, UMR Marchés, Organisations, Institutions et Stratégies d’Acteurs (MOÏSA), Montpellier - Coordinateur du dossier | ||
| Recherches : | ||
| Les organisations rurales au Maghreb - Leur rôle dans le développement : un essai d’évaluation | ||
| Omar BESSAOUD | ||
| Les organisations de producteurs en zone cotonnière au Mali - Conditions d’émergence et perspectives | ||
| Jean-François BÉLIÈRES • Michel BENOIT-CATTIN • Luc BARRET•Hamady DJOUARA • Demba KÉBÉ | ||
| La modélisation d’accompagnement pour une gestion concertée des ressources renouvelables en Thaïlande | ||
| Cécile BARNAUD • Guy TRÉBUIL • Panomsak PROMBUROM • François BOUSQUET | ||
| Changement institutionnel et agriculture à Mayotte- Les impacts d’une intégration renforcée à la République française sur l’activité agricole des ménages | ||
| Jean-Michel SOURISSEAU • Philippe BONNAL • Perrine BURNOD | ||
| L’histoire inachevée de la régulation du marché du riz à Madagascar | ||
| Marie-Hélène DABAT • Olivier JENN-TREYER • Simon RAZAFIMANDIMBY • Louis BOCKEL | ||
| Secteur privé et céréaliculture familiale dans le Mexique du libre-échange - Une étude dans les terres basses du sud-Veracruz | ||
| Virginie BRUN | ||
| Le rôle des arrangements contractuels dans le développement du système laitier local et des mini-laiteries au Sénégal | ||
| Papa Nouhine DIEYE • Etienne MONTAIGNE • Guillaume DUTEURTRE • Jean-Pierre BOUTONNET | ||
| L’action collective et la durabilité des filières agricoles au Costa Rica | ||
| Élodie MAÎTRE D’HÔTEL • Pierre-Marie BOSC • Johny EGG | ||
| Marché foncier, asymétries de pouvoir et exclusion- Incidences régionales des réformes libérales mexicaines de la fin du XIXe siècle | ||
| Eric LÉONARD | ||
| Marchandisation et individualisation des droits sur la terre en basse Côte-d’Ivoire | ||
| Debegnoun Marcelline SORO • Jean-Philippe COLIN | ||
| Certification environnementale et durabilité au Brésil : le café bio et le bois | ||
| Marie-Gabrielle PIKETTY • Maria-Célia MARTINS DE SOUZA • Isabel GARCIA DRIGO | ||
| L’agriculture familiale mise sous normes - Un défi pour les producteurs d’ananas au Costa Rica ? | ||
| Guy FAURE • Sendy VEERABADREN • Henri HOCDÉ | ||
| Résumé | ||
| Bernard ROUX - Président du Comité de rédaction | ||
| Editorial | ||
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Personne n’a oublié ce que disait Antoine de Saint-Exupéry : « Nous n’héritons pas la Terre de nos ancêtres mais nous l’empruntons à nos enfants ». C’est cette idée que reprenait la Commission sur l’environnement et le développement (Rapport Brundland, 1987), définissant le développement durable comme celui qui répond le mieux « aux besoins des générations du présent sans compromettre la capacité des générations futures à répondre aux leurs ». Or, nous ne pouvons ignorer que notre planète s’épuise en ressources naturelles et devra nourrir une humanité dont le poids démographique sera de plus en plus important. Face à ces inquiétantes perspectives, s’ajoute un problème d’équité : quel développement durable pour les pays du Sud ? Comment peuvent-ils agir pour qu’eux aussi puissent répondre aux défis des nouvelles contraintes environnementales tout en assurant le progrès de leur économie ? Car n’oublions pas que le développement durable est une notion issue des pays développés. Cependant, et heureusement, elle s’étend rapidement au Sud, où la prise de conscience environnementale et sociale progresse. De nombreux acteurs sont partie prenante de ce mouvement : les États, les élites locales, les organisations paysannes, les ONG, les maillons dans les filières agroalimentaires interviennent à des degrés divers. Ce numéro triple coordonné par Michel Benoit-Cattin, issu d’un colloque organisé par la SFER, permet d’illustrer ce phénomène. Il montre à l’évidence le rôle primordial des institutions dans l’évolution du monde paysan et de son environnement économique et social. Le choix d’Économie rurale n’est pas de parler de la fracture Nord-Sud mais de faire profiter ses lecteurs des résultats de recherches récentes dans les pays du Sud afin d’apporter des éléments utiles à l’éclairage de la notion de développement durable. Bonne lecture à tous ! |
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| Michel BENOIT-CATTIN • CIRAD, UMR Marchés, Organisations, Institutions et Stratégies d’Acteurs (MOÏSA), Montpellier - Coordinateur du dossier | ||
| Les institutions du développement agricole durable des pays du Sud | ||
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Ces dernières années, l’économie du développement en général et celle de l’agriculture n particulier ont été renouvelées en intégrant les préoccupations du développement durable et en prenant en compte les approches néo-institutionnalistes. ans ce contexte, en novembre 2005, la SFER organisait à Montpellier des journées sur « Les institutions du développement durable des agricultures du Sud ». es contributions reçues ont permis de faire un état des lieux des travaux de la recherche francophone sur le rôle des institutions dans le développement durable des agricultures du Sud. Le terme « Institution » était entendu dans la tradition de l’économie institutionnelle, u sens de « règles du jeu ». Le champ géographique retenu était circonscrit aux pays du Sud, Maghreb et Proche-Orient compris. Après sélection, 52 communications ont été présentées et discutées pendant ces journées dont les actes ont été diffusés sous forme de Cédérom. selon les procédures éditoriales propres à l’édition de numéros thématiques issus des colloques organisés par la SFER, 12 contributions ont été expertisées et rassemblées dans ce numéro. L’économie néo-institutionnelle constitue un champ assez foisonnant et difficile à définir et délimiter. Elle trouve une application privilégiée dans des approches historiques et comparatives des processus de développement dans les pays du Sud. Par rapport à un objet d’étude particulier, son environnement institutionnel pourra être pris en compte pour mieux comprendre sa propre dynamique. Il s’agit des normes et règles du jeu qui encadrent l’action individuelle et collective. L’action collective elle-même peut s’analyser en termes d’institutions, de règles que se donnent les acteurs, soit parce que l’environnement le permet, soit au contraire pour s’en protéger. Ainsi dans l’article d’Omar Bessaoud sur « Les organisations rurales au Maghreb. Leur rôle dans le développement : un essai d’évaluation » d’une part et, d’autre part, celui de Jean-François Bélières en collaboration avec Michel Benoit-Cattin, Luc Barret, Hamady Djouara et Demba Kébé sur « Les organisations de producteurs en zone cotonnière au Mali. Conditions d’émergence et perspectives », les analyses des organisations de producteurs, respectivement en Afrique du Nord et au Mali, insistent sur l’importance du processus général de démocratisation à l’oeuvre dans les sociétés concernées. Dans le contexte thaïlandais, où la décentralisation est à l’ordre du jour, Cécile Barnaud en collaboration avec Guy Trébuil, Panomsak Promburom et François Bousquet, à propos de « La modélisation d’accompagnement pour une gestion concertée des ressources renouvelables en Thaïlande ? » évaluent une méthode participative de gestion des ressources naturelles. En contrepoint, l’analyse de Jean-Michel Sourisseau, Philippe Bonnal et Perrine Burnod sur le « Changement institutionnel et agriculture à Mayotte. Les impacts d’une intégration renforcée à la République française sur l’activité agricole des ménages » montre qu’à Mayotte la transposition des règles de la République française ne suffit pas pour induire un processus de développement agricole similaire à celui observé en métropole. À la suite de De Janvry et al. (1995)1, les analyses néoinstitutionnalistes du développement rural ont privilégié la prise en compte des rôles respectifs de l’État, du marché et des organisations civiles. C’est dans cette optique que Marie-Hélène Dabat en collaboration avec Olivier Jenn-Treyer, Simon Razafimandimby et Louis Bockel, retracent dans leur article « L’histoire inachevée de la régulation du marché du riz à Madagascar » la difficile régulation du marché de cette denrée de base. Au Mexique, c’est en se référant au nouveau rôle de l’État dans un contexte libéralisé que Virginie Brun explique dans son article « Secteur privé et céréaliculture familiale dans le Mexique du libre-échange. Une étude dans les terres basses du sud-Veracruz » le succès de la participation des petits producteurs au marché des céréales. Face à ce thème, au Sénégal, Papa Nouhine Dieye, en collaboration avec Etienne Montaigne, Guillaume Duteurtre et Jean-Pierre Boutonnet, insistent dans leur étude intitulée « Le rôle des arrangements contractuels dans le développement du système laitier local et des minilaiteries au Sénégal » sur le rôle que doit jouer l’État pour que les initiatives prises par les producteurs et petits transformateurs laitiers soient consolidées. Si les articles cités insistent sur les vertus attendues ou constatées des changements institutionnels exogènes, d’autres interprètent les changements locaux comme des réactions de défense. Ainsi, Elodie Maître D’Hôtel, Pierre-Marie Bosc et Johny Egg dans « L’action collective et la durabilité des filières agricoles au Costa Rica » montrent que les réactions face à la libéralisation des filières varient selon les filières et leur histoire. Pour le Mexique, Eric Léonard réinterprète, selon son analyse « Marché foncier, asymétries de pouvoir et exclusion. Incidences régionales des réformes libérales mexicaines à la fin du XIXe siècle », l’histoire du foncier comme réaction, elle-même institutionnelle, à la libéralisation de la fin du XIXe en mettant en évidence les inégalités induites. Toujours pour ce qui est de la libéralisation du foncier, mais aujourd’hui en Côte d’Ivoire, Debegnoum Marcelline Soro et Jean-Philippe Colin analysent les nouveaux arrangements intrafamiliaux qui ménagent la transmission intergénérationnelle du patrimoine dans leur article « Marchandisation et individualisation des droits sur la terre en basse Côte d’Ivoire ». Ces deux derniers textes, l’un en se préoccupant d’équité sociale, l’autre de transmission entre générations assurent une transition avec ceux privilégiant une entrée par le développement durable. En effet, pour ce qui est du développement durable, à la suite du rapport Bruntland de 1987, on a d’abord insisté sur les responsabilités intergénérationnelles, réhabilitant les préoccupations de long terme dans le développement. À la suite de la Conférence de Rio de 1992, l’accent a davantage été mis sur les trois piliers d’égale importance : l’économique, le social et l’environnemental. Cependant, la référence au développement durable tend à privilégier ce troisième pilier au détriment des deux autres et de la dimension intergénérationnelle. Les objectifs de développement durable se traduisent, notamment, par des normes venant enrichir l’environnement institutionnel des filières agricoles. Leurs effets peuvent être analysés en termes d’adaptation institutionnelle et évalués par rapport aux objectifs du développement durable. Le cas des filières bois et café au Brésil permet à Marie-Gabrielle Piketty, Maria-Célia Martins de Souza et Isabel Garcia Drigo, dans la « Certification environnementale et durabilité au Brésil : le café bio et le bois », de boucler cette boucle. C’est également ce que font Guy Faure, Sendy Veerabadren et Henri Hocdé dans leur article « L’agriculture familiale mise sous normes. Un défi pour les producteurs d’ananas au Costa Rica ? ». * * * Dans l’ensemble, les processus de développement des agricultures du Sud sont significativement portés par les changements institutionnels, qu’ils soient exogènes ou endogènes, proactifs ou défensifs. Cependant, on ne saurait se contenter du seul constat que « les institutions, ça compte ». Une évaluation à l’aune du développement durable et plus particulièrement de ses trois piliers reste nécessaire tout en posant des problèmes de mesure qui pourraient faire l’objet de prochaines journées. Que tous ceux qui ont contribué à ce numéro, les auteurs comme les referees soient ici remerciés chaleureusement de l’attention toute particulière qu’ils ont portée à ce thème. Nous laissons nos lecteurs puiser dans ces différentes recherches matière à leur propre réflexion. |
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| Omar BESSAOUD | ||
| Les organisations rurales au Maghreb - Leur rôle dans le développement : un essai d’évaluation | ||
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Des réformes institutionnelles ont autorisé la liberté d’association dans les pays du Maghreb. L’émergence et/ou l’essor d’un réseau ramifié d’organisations offertes par ces nouvelles politiques de développement rural ont multiplié les possibilités d’action autonome des acteurs sociaux dans la vie locale. Toutefois ce processus de développement des organisations agricoles et rurales est contrarié par des contradictions qui exigent à l’avenir la mise en oeuvre concrète de stratégies et de politiques publiques fortes, réformant à la fois les modes de répartition des richesses créées et la redistribution des pouvoirs. Les nouveaux modes de gouvernance locale rurale doivent en particulier contribuer à approfondir les formes de décentralisation et les principes de démocratie locale qui l’accompagnent. MOTS-CLÉS : Institutions rurales, Organisations professionnelles agricoles, Décentralisation, Développement territorial, Gouvernance rurale, Capital social |
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| Jean-François BÉLIÈRES • Michel BENOIT-CATTIN • Luc BARRET•Hamady DJOUARA • Demba KÉBÉ | ||
| Les organisations de producteurs en zone cotonnière au Mali - Conditions d’émergence et perspectives | ||
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En Afrique de l’Ouest, les politiques de post ajustement donnent un rôle croissant aux organisations paysannes dans divers cadres de concertation où doivent se négocier les politiques sectorielles et se cogérer les filières agricoles. À travers le cas la filière coton au Mali, qui concerne près du quart de la population et un peu moins de 10 % du PIB, il est mis en balance les nouveaux enjeux auxquels se trouvent confrontées les organisations de producteurs et leurs capacités à les relever, capacités qui sont fortement liées aux diverses conditions de leur émergence. Les OP soit sont initiées par les pouvoirs publics (l’État ou la société cotonnière) soit émergent de la société civile à l’initiative des paysans ou d’Ong. La perspective d’une gestion interprofessionnelle de la filière coton en cours de privatisation permet de discuter des options offertes et de leurs implications en termes de règlementation, d’appuis et de recherches. MOTS-CLÉS : Mali, Action collective, Coton, Organisations paysannes, Syndicats agricoles |
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| Cécile BARNAUD • Guy TRÉBUIL • Panomsak PROMBUROM • François BOUSQUET | ||
| La modélisation d’accompagnement pour une gestion concertée des ressources renouvelables en Thaïlande | ||
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Les bénéfices potentiels de la décentralisation de la gestion des ressources renouvelables en Thaïlande sont limités par le manque de dialogue entre les communautés et les administrations. À partir d’une étude de cas dans le nord montagnard, cet article explore les apports et voies d’amélioration de la modélisation d’accompagnement (ComMod) pour favoriser une gestion concertée et décentralisée des ressources. Cette expérience combinant jeux de rôles et simulations multi-agents a facilité un processus d’apprentissage collectif et de négociation entre les membres différenciés d’une communauté rurale. Elle leur a permis de mieux comprendre les enjeux liés à plusieurs problèmes concrets de gestion de ressources communes à l’échelle du village et de proposer collectivement des solutions tenant compte des divers intérêts en présence. Mais des efforts restent à faire pour que ces propositions soient prises en compte aux niveaux institutionnels supérieurs. MOTS-CLÉS : Modélisation d’accompagnement, Gestion des ressources renouvelables, Institutions, Décentralisation, Thaïlande |
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| Jean-Michel SOURISSEAU • Philippe BONNAL • Perrine BURNOD | ||
| Changement institutionnel et agriculture à Mayotte- Les impacts d’une intégration renforcée à la République française sur l’activité agricole des ménages | ||
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Mayotte, île française de l’océan Indien, est engagée dans un processus de transition institutionnelle, économique et sociale majeure pour obtenir le statut de département en 2010. L’alignement sur la métropole s’accompagne de nouvelles opportunités de revenus et d’un accès facilité aux subventions agricoles, mais induit également une réforme du système de propriété foncière. L’objectif de cet article est d’identifier les impacts de ce changement institutionnel sur la gestion de l’activité agricole des ménages ruraux. MOTS-CLÉS : Ménages, Agriculture, Impact et Changement institutionnels, Mayotte |
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| Marie-Hélène DABAT • Olivier JENN-TREYER • Simon RAZAFIMANDIMBY • Louis BOCKEL | ||
| L’histoire inachevée de la régulation du marché du riz à Madagascar | ||
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L’envolée des prix du riz en 2005 à Madagascar, impulsée de l’extérieur, a créé l’opportunité de rénover le mode de régulation d’une filière hautement stratégique mais faiblement performante. À partir d’une lecture institutionnelle du fonctionnement du marché, d’une approche historique de la régulation de la filière et d’une analyse économique des mécanismes de la crise, l’article fournit les éléments d’explication conduisant à envisager de nouvelles règles du jeu pour un pilotage de la filière redistribuant les rôles entre l’État et le marché. MOTS-CLÉS : Politique agricole, Marché, Filière, Riz, Madagascar |
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| Virginie BRUN | ||
| Secteur privé et céréaliculture familiale dans le Mexique du libre-échange - Une étude dans les terres basses du sud-Veracruz | ||
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Au Mexique, l’ouverture commerciale et la libéralisation des marchés agricoles posent la question du devenir de l’agriculture paysanne et de son insertion compétitive sur les marchés. Cette question est traitée ici à partir d’une étude de cas dans des ejidos du sud-Veracruz, où l’intensification récente des systèmes de production céréaliers s’est accompagnée d’un processus d’intégration marchande des exploitations piloté par le secteur privé. Il s’agit de rendre compte des mécanismes ayant permis le passage de systèmes largement tournés vers l’autoconsommation à des systèmes intensifs à vocation commerciale, en insistant sur les rôles majeurs joués par l’État dans l’incitation au rapprochement des petits producteurs avec le secteur privé. L’analyse s’appuie sur des enquêtes réalisées dans les ejidos des terres basses du fleuve Tesechoacan, à proximité de la ville d’Isla. La dynamique d’évolution des systèmes de production est analysée de façon croisée avec les changements intervenus dans le domaine de l’intervention publique d’une part, et les transformations institutionnelles qui l’ont accompagnée d’autre part (organisation paysanne, intégration marchande). MOTS-CLÉS : Secteur privé, Agriculture familiale, Changement technique, Intégration commerciale, Veracruz, Mexique |
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| Papa Nouhine DIEYE • Etienne MONTAIGNE • Guillaume DUTEURTRE • Jean-Pierre BOUTONNET | ||
| Le rôle des arrangements contractuels dans le développement du système laitier local et des mini-laiteries au Sénégal | ||
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L’émergence des petites entreprises de transformation a joué un rôle prépondérant dans la stimulation de l’adoption de l’innovation dans les systèmes locaux de production laitière et le développement de nouveaux segments de marché. Cependant, la stabilité et la viabilité de ce système extensif amélioré sont fragilisées par les incertitudes associées à la saisonnalité de la production et à la qualité des produits. La stabilisation et la sécurisation des approvisionnements des mini-laiteries constituent des préoccupations majeures pour le fonctionnement des marchés laitiers. Cette problématique a été étudiée dans le cadre du marché du lait local au Sénégal, et plus particulièrement dans la région de Kolda, à travers l’analyse des transactions et des relations contractuelles entre les acteurs de la filière. Les résultats montrent que pour pallier les défaillances des marchés et limiter les incertitudes transactionnelles, différents mécanismes de coordination hybride centrés sur les arrangements contractuels, sont mis en place. Ces contrats concernent la négociation collective et la fixation des prix, les accords de livraison avec les collecteurs-livreurs, les transactions liées par l’octroi de divers crédits, en particulier pour les intrants. En l’absence de dispositifs publics de garantie des échanges, ces contrats permettent non seulement de combler la faiblesse de la circulation de l’information, mais également de pallier les risques relatifs aux fraudes sur la qualité et la forte saisonnalité de l’offre (incertitude de l’approvisionnement) et de la demande (faibles revenus des consommateurs). MOTS-CLÉS : Contrats, Coordination hybride, Incertitudes, Système laitier, Transactions |
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| Élodie MAÎTRE D’HÔTEL • Pierre-Marie BOSC • Johny EGG | ||
| L’action collective et la durabilité des filières agricoles au Costa Rica | ||
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Au cours des vingt dernières années, l’évolution des politiques économiques au Nord comme au Sud a été marquée par la mise en place de processus de libéralisation. Selon les contextes institutionnels, la libéralisation peut prendre des formes très contrastées. Au Costa Rica, suite à l’adhésion du pays à l’OMC, la libéralisation de la filière haricot a été très marquée, du fait d’une protection tarifaire basse, alors que celle de la filière lait n’a pas été effective, du fait d’une protection tarifaire élevée, notamment. Ces différences de traitement entre sous-secteurs ont eu un impact direct sur le développement et la durabilité des filières. Cet article éclaire les processus qui conduisent à ces différences par l’analyse des modalités de participation des organisations professionnelles agricoles à la négociation des politiques tarifaires. Les approches du changement institutionnel et de l’action collective sont mobilisées pour mettre en évidence des capacités différentes d’action et d’influence sur le contenu des politiques économiques, selon les filières. Les conditions de réussite de ces processus d’action collective s’inscrivent dans une logique de dépendance de sentier mais aussi dans le cadre d’apprentissages individuels et collectifs qui déterminent les possibilités de changer les règles du jeu. MOTS-CLÉS : Changement institutionnel, Action collective, Durabilité, Politiques agricoles, Dépendance de sentier, Apprentissage |
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| Eric LÉONARD | ||
| Marché foncier, asymétries de pouvoir et exclusion- Incidences régionales des réformes libérales mexicaines de la fin du XIXe siècle | ||
| Depuis une trentaine d’années, un courant dominant de la réflexion sur le développement a placé la question des droits de propriété en tête de l’agenda politique et scientifique. Basé sur des documents d’archives, cet article propose un bilan de la politique d’attribution de titres de propriété individuelle conduite dans une région du Mexique à la fin du XIXe siècle, dans un contexte économique comparable à celui qui a été mis en place avec la ratification de l’Accord de libre-échange d’Amérique du Nord (Alena). Il s’intéresse à la façon dont le marché foncier s’est construit et a fonctionné, ainsi qu’à son impact sur les structures des exploitations familiales et leur dynamique. Il propose, ce faisant, une réflexion sur les trajectoires du changement institutionnel dans un environnement de dérégulation et de forte concurrence économique, mais aussi de profondes asymétries de pouvoir.MOTS-CLÉS : Marché foncier, Contrats agraires, Garanties foncières, Modernisation agricole, Asymétrie de pouvoir | ||
| Debegnoun Marcelline SORO • Jean-Philippe COLIN | ||
| Marchandisation et individualisation des droits sur la terre en basse Côte-d’Ivoire | ||
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Cet article propose un décryptage des relations relatives au contrôle et à la gestion de la ressource foncière, au sein de groupes familiaux de migrants Sénoufo installés en Basse-Côte. L’analyse vise, à travers une démarche de type ethnographique, à cerner le contenu et les titulaires des droits fonciers, la question de l’articulation des unités socio-économiques et les éventuels conflits intrafamiliaux et leurs sources. Elle montre en particulier comment l’individualisation des droits d’usage des terres familiales ne s’accompagne pas d’une individualisation de leur appropriation, et comment l’accès aux terres familiales doit être apprécié au regard des opportunités d’accès à la terre à travers le marché foncier locatif. MOTS-CLÉS : Sénoufo, Côte-d’Ivoire, Droits fonciers, Famille, Individualisation, Marchandisation, Ethnographie |
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| Marie-Gabrielle PIKETTY • Maria-Célia MARTINS DE SOUZA • Isabel GARCIA DRIGO | ||
| Certification environnementale et durabilité au Brésil : le café bio et le bois | ||
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Au Brésil, les préoccupations environnementales sont croissantes du fait des impacts négatifs d’une croissance agricole accélérée sur l’environnement et les ressources naturelles. Face à ce contexte, la certification environnementale de divers produits issus de l’usage des terres agricoles et forestières augmente. Cet article analyse et compare les cas du bois issu de l’exploitation communautaire en Amazonie et du café bio. La mise en place de ces certifications est-elle à même de concilier efficacité économique, équité sociale et durabilité environnementale ? La comparaison entre ces deux cas vise à mettre en lumière les impacts positifs et négatifs des diverses institutions qui interagissent dans ces processus. MOTS-CLÉS : Brésil, Norme environnementale, Bois, Café, Durabilité |
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| Guy FAURE • Sendy VEERABADREN • Henri HOCDÉ | ||
| L’agriculture familiale mise sous normes - Un défi pour les producteurs d’ananas au Costa Rica ? | ||
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Les exigences du marché s’accentuent progressivement avec la mise en place de systèmes de normes et de certification destinés à garantir la santé du consommateur, le droit des travailleurs, et limiter les impacts négatifs sur l’environnement. La production d’ananas dans le nord du Costa Rica est plus particulièrement concernée par la loi américaine sur le bioterrorisme et les normes EUREPGAP issues du secteur privé européen. Ces évolutions impliquent des changements de certaines techniques agricoles, la tenue de registres, des surcoûts de production, et des mécanismes de commercialisation plus stricts. Une partie des producteurs d’ananas rencontre de graves difficultés pour réaliser les adaptations nécessaires. Les grandes entreprises agricoles se voient renforcées, les plus petites exploitations agricoles sont écartées, et les filières se raccourcissent. MOTS-CLÉS : Ananas, Normes de production, Exploitation agricole, Filière, Costa Rica |
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