Éthanol, mise aux normes et restructuration : Une nouvelle mutation de l‘élevage lait et viande aux États-Unis.
Intervenant : Pierre BERNOUX, Institut de l‘élevage, Département Économie
Premier pays producteur de viande bovine, possédant au plan mondial une collecte de lait devancée uniquement par l‘Union Européenne, l‘élevage bovin étasunien est aujourd'hui à un tournant de son développement. Confrontés à des problématiques différentes, les filières lait et viande doivent s‘adapter à de nouvelles réalités.
Le développement de l‘éthanol, en mobilisant plus de 20% de la production nationale de maïs, touche de plein de fouet le secteur de l‘engraissement et l‘optimisation des co-produits devient un des facteurs déterminants de la rentabilité des immenses feedlots installés dans les Grands Plaines. Dans le secteur laitier, la mise aux normes des exploitations californiennes et l‘évolution des élevages traditionnels du Nord-Est ouvrent de nouvelles perspectives.
L‘agriculture en Inde : de l‘autosuffisance au défi de la mondialisation.
Intervenants : Marion VILLACAMPA (APCA, Agrocampus de Rennes) et Thierry POUCH de l‘APCA
L‘Intervention de M. Claude GOBIN est reportée en 2009
Du bilan de santé de la PAC à l‘après 2013, enjeux et perspectives.
Intervenants : Tomas AZCARATE (Commission Européenne DG AGRI), Dominique BRINBAUM (MAP), Samuel FERET (PAC 2013)
Standards privés volontaires en agriculture : vers une nouvelle forme de globalisation des politiques agricoles ?
Intervenante : Ève FOUILLEUX (CNRS/CEPEL, Cirad Montpellier)
Depuis le début des années 2000, on voit apparaitre dans le domaine agricole des formes de normalisation très particulières : à partir d’initiatives privées, dans le cadre d’organisations transnationales, réunissant à la fois des grandes firmes de l’agroalimentaire, des banques, des assurances, des importateurs, des ONG sociales, des ONG environnementales et des représentants de producteurs agricoles, elles visent à la formulation et à la mise en œuvre de standards volontaires attestant du caractère « durable » (ou « responsable ») des produits concernés (soja, huile de palme, agrocarburants, etc.).
A partir de l’exemple de la table ronde sur le soja (Roundtable on Responsible Soy ), cette communication s’interrogera sur les significations de ces nouveaux dispositifs, tant sur le plan des politiques agricoles (va-t-on vers une forme de privatisation des politiques agricoles ?) que sur le plan environnemental et social (quelle définition du développement durable ces dispositifs portent-ils ?), que du point de vue des enjeux de politique internationale sous-jacents (ces dispositifs portent-ils une certaine recomposition des rapports Nord/Sud comme ils le prétendent ?)
Territorialisation des politiques dans les Alpes du nord et rôles de l’agriculture dans le développement des territoires
Intervenant : Jean-Michel NOURY, GIS ALpes du Nord - Jura
Cette communication vise à caractériser dans une première partie la contribution des politiques territoriales (mises en œuvre à l’échelle de territoires infra-départementaux : PNR, Pays, Intercommunalités...), à l’accompagnement des différents rôles de l’agriculture (économiques, sociaux, environnementaux). Les politiques territoriales menées en direction de l’agriculture sont ainsi caractérisées par : i) les logiques de développement qui les sous-tendent ; ii) les principaux leviers d’actions mobilisés . La deuxième partie s’intéresse à la mobilisation des acteurs agricoles dans le cadre des politiques de territoire et d‘appuie sur l‘analyse comparative sur cinq territoires des Alpes du nord.
Évolution récente des marchés de matières premières : Principaux enseignements à tirer pour lutter contre la volatilité des prix.
Intervenant: Lucien Bourgeois, Membre de la section des questions économiques générales et de la conjoncture du CES
Le Conseil économique, social et environnemental (CES) a approuvé en Novembre dernier un avis qui proposait davantage de régulation publique pour éviter les méfaits de la volatilité excessive des prix que l’on a observée dans la période récente. Ce rapport, présenté par Luc Guyau, repose sur l‘audition d‘un grand nombre de spécialistes des matières premières industrielles et agricoles.
Le séminaire a pour objectif de présenter et discuter les conclusions de ce rapport qui permet de mieux repérer les véritables particularismes agricoles et de voir dans quelle mesure on ne devrait pas élaborer des stratégies plus volontaristes pour la gestion de certains marchés de produits utiles à l’industrie.
Le rapport de 200 pages est disponible sur le site du CES (http://www.conseil-economique-et-social.fr/scripts/jlbweb.exe)
Hausse du prix de l’énergie, hausse des prix agricoles : quelles relations et implications à moyen et long terme ?
Intervenant : Tancrède VOITURIEZ - CIRAD et IDDRI
Cette étude commandée par l’IFRI dresse la revue des facteurs de hausse des cours des matières premières entre 2006 et 2008 ; elle insiste en particulier sur les facteurs responsables des mouvements conjoints de cours sur les marchés de produits alimentaires et les marchés de l’énergie. Sont examinées les causes les plus polémiques, à savoir la hausse de l’offre de biocarburants, la transition alimentaire et énergétique des pays émergents, et la spéculation sur les marchés à terme. En conclusion sont discutés les nouveaux équilibres sur lesquels ces relations entre marchés, entrevues durant l’épisode 2006-2008, pourraient durablement déboucher.
Prise en compte des connaissances scientifiques dans les décisions publiques. les méthodes evidence-based appliquées aux politiques agricoles et environnementales ? Intervenant : Catherine LAURENT (INRA SAD Paris)
Depuis le début des années 1990 se sont développées en médecine des approches dites en termes d’ «evidence based medicine ». Le mot « evidence » est difficile à traduire en français, il renvoie à fois à la notion d’évidence factuelle, de corroboration empirique, de preuve. Ces approches, qui visaient à promouvoir l’usage le plus judicieux possible par les praticiens des connaissances disponibles, se sont étendues à d’autres sphères de la décision, donnant naissance à la notion d’ «evidence based policy» à laquelle il est fait un recours croissant dans les politiques de lutte contre la pauvreté, mais aussi dans les domaines de la justice ou de l’éducation et plus généralement du développement. Dans le monde francophone, le recours croissant à la notion d’Evidence based policy est souvent assimilé à un effet de rhétorique sans importance ou à une tentative de dépolitiser les débats. Cela résulte sans doute du problème de traduction que soulève le mot « evidence » et de la différence de tradition culturelle qu’il reflète. Cela découle aussi d’une assez grande méconnaissance des dispositifs concrets qui accompagnent ces démarches. Des observations réalisées dans le cadre d’un programme de recherche en partie dédié à ce thème invitent à une analyse plus nuancée. Au-delà des effets de mode, le recours à cette notion signale explicitement la volonté de donner une importance nouvelle aux approches positives de l’aide à la décision publique et s’accompagne de la mise en oeuvre d’un arsenal de méthodologies qui visent à contrebalancer le recours à des approches normatives ou à des modèles de connaissances reposant trop exclusivement sur des simulations au détriment des données d’observation. C’est ce que nous montrerons en retraçant la genèse de cette notion. Mais en même temps qu’elles deviennent objet de débats entre philosophes, scientifiques, acteurs du développement, les approches en termes d’Evidence based policy contribuent à ouvrir des perspectives nouvelles sur l’analyse des relations sciences décision. L’observation de ces évolutions permet de mieux saisir les enjeux sociaux et politiques de la notion d’ « evidence based policy » mais aussi, plus généralement, de l’émergence de théories alternatives qui sous-tendent la construction de méta-connaissances utilisables dans les politiques de développement.
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